Je reçois une convocation: que faire? ( Par la DC Toulouse)

Dans la série la DC Toulouse fait du bon taf 😉 voici une série de conseil trés utile en ces temps répressifs: que faire si vous recevez une convoquation? Leur site est ici.

La répression est parfois une pratique qui se mange froide. Ne pas se faire arrêter durant une manif, une action, ne garantie pas que l’on a échappé complètement à la police et la justice. De nombreuses enquêtes et instructions ont été ouvertes dans ce mouvement. Elles peuvent concerner des faits extrêmement banals comme l’occupation d’un rond point ou d’un péage ou concerner des faits plus importants (incendie, association de malfaiteur…).

Pour faire avancer ces enquêtes et réussir à inculper des personnes les policiers ont généralement recours à des convocations. Bien sur ils peuvent aussi aller faire directement une descente avec de multiples perquisitions comme à Béziers pour l’incendie du péage il y a pas longtemps et dans ce cas les personnes sont directement placés en GAV (s’applique alors le traditionnel : NE RIEN DÉCLARER, NE RIEN SIGNER, REFUSER LA COMPARUTION IMMÉDIATE).

Pourquoi ne pas se rendre à une convocation :

  • Vous pouvez être convoqué : au commissariat, à la gendarmerie ou directement au tribunal, en tant que témoin ou suspect. Le statut sous lequel on est convoqué peut évoluer pendant la durée de l’enquête et donc pendant l’audition. La situation peut basculer très rapidement. Par exemple, on peut être convoqué comme simple témoin en recevant une lettre, se rendre au commissariat et se retrouver suspect au cours de l’audition (souvent à partir des déclarations que les gens font contre eux-mêmes ou les autres, genre une autre personne convoquée qui parle au lieu de se taire). Cette dernière se transforme en garde-à-vue et on se retrouve mis en cause dans une affaire sans y être préparé…

  • La plupart des convocations pendant un mouvement social sont liées à des enquêtes de police en cours. Le motif de la convocation est volontairement flou, la formule habituelle étant « une affaire vous concernant », motif qui peut n’être précisé que sur place, ou lors du placement en GAV. Cette stratégie policière entame le travail de déstabilisation : en laissant à la fois planer une forme de culpabilité et fait baisser la garde car c’est un rapport plus formel qui est établi (lettre, passage des flics, possibilité de changer la date…) par rapport au scénario de l’arrestation brutale, GAV, comparution immédiate…

  • Ne pas se rendre à la convocation (écrite) n’entraîne pas de poursuite en soit. un mandat d’arrêt peut être délivré par le procureur ou le juge d’instruction pour venir vous chercher. Ce n’est pas du tout systématique, mais c’est une possibilité.

  • Derrière la police et la justice il y a des hommes et une capacité d’action qui n’est pas illimitée. C’est une grande machine et il est possible de l’enrayer. C’est dans ce sens qu’une défense collective prend son sens. Nous devons faire en sorte de ralentir au maximum le travail de la police, partout et tout le temps. Si les flics sont obligés d’aller chercher tout le temps les personnes chez elles ils lâcheront l’affaire pour beaucoup et globalement cela leur prendra beaucoup de temps, temps qu’il ne passe pas à réprimer d’autres personnes…

Quelques infos concernant les convocations en audition libre

  • Vous devez recevoir la convocation par courrier, si vous y êtes « invité » par un appel des flics sur votre téléphone privé, demandez une trace écrite avant toute chose ou raccrochez. Si vous recevez un recommandé du ministère de la justice vous pouvez ne pas le signer.

  • Une audition libre n’est pas une garde à vue. Vous êtes « invité» à vous présenter au commissariat pour y être auditionné.e. Vous êtes censé.e être libre d’en sortir dès que vous le voulez mais bien souvent dans ce cas les flics finissent par vous placer en GAV…

  • Vous pouvez en théorie vous faire accompagner par un-e avocat-e et vous avez droit au silence, comme en garde à vue. En pratique les avocats refusent souvent de vous accompagner notamment au titre de l’aide juridictionnelle faute de rémunération correcte.

  • Dernier conseil si vous faites le choix de vous y rendre : laissez votre téléphone à la maison pour éviter des pressions des flics qui chercheront à avoir accès à vos données…

Pour rappel, vous souhaitez participer au soutien contre la répression des GJ de la région toulousaine? Il existe une cagnotte solidaire en ligne, soutenue par la DC Toulouse, elle est ici: https://www.lepotcommun.fr/pot/wmc3vgj1

Bilan de la répression sur Toulouse #2

Voici la deuxième livraison de la Défense Collective Toulouse, qui effectue un bilan de la répression. Nous avons publié le premier bilan ici.

Une intiative a copier, propager, diffuser!!

Entre le 10 février et le 08 mars, on observe un tournant dans la stratégie judiciaire. Sur cette période, on dénombre encore une centaine de GJ interpellés et au moins une cinquantaine de personnes passée devant la justice (comparutions immédiates ou convocations à des audiences ultérieures). On observe, entre autres, et comme  déjà développé dans d’autres textes, la multiplication de perquisitions et d’accusations « d’association de malfaiteurs ». Continue reading « Bilan de la répression sur Toulouse #2 »

Bilan de la répression sur Toulouse #1

Nous relayons ici un texte paru sur le site de la Défense Collective de Toulouse. Dans la foulée, nous publierons aussi leur deuxième bilan. Cette initiative est a saluer, a diffuser et a reproduire. Tout ce qui participe a donner de l’intelligence collective au mouvement, contre la répression, pour la lutte, est pour nous à favoriser.
 

Dès le début du mouvement gilet jaune, on assiste à une forte vague de répression policière et judiciaire. A l’heure actuelle à Toulouse, plus de 200 personnes ont été placées en garde à vue, une centaine de personnes est passée devant la justice que ce soit par le biais des procédures de comparution immédiate ou de convocations à une audience ultérieure. Enfin, une trentaine de prisonniers GJ est incarcérée au centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses.

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Jusqu’où irons-nous ? Des propositions concrètes pour aller plus loin en gilet jaune

Partout des débats ont lieu, parfois houleux, sur les suites du mouvement. On regarde ce qui a marché mais aussi ce qu’il nous manque. Et c’est bien, c’est la preuve que nous sommes un mouvement qui vit, qui veut avancer et non rentrer dans le rang comme l’espèrent les politiques, les médias et les patrons.
Nous aurions tort de faire la fine bouche. Le nez dans nos gilets, on a du mal à se souvenir de nos vies d’avant ce 17 novembre. 3 mois en jaune et l’impression qu’on l’a toujours été. Cette sensation nous rappelle une évidence qu’on avait fini par oublier tellement le capitalisme nous a atomisés, individualisés : nous partageons, nous l’immense majorité, une condition sociale commune. Continue reading « Jusqu’où irons-nous ? Des propositions concrètes pour aller plus loin en gilet jaune »

Cartes des collectifs, caisses ou comités contre la répression du mouvement

Vous trouverez ici une carte non-exhaustive des collectifs qui s’activent contre la répression des GJ dans toute la France. On rappelle qu’on ne cite que les collectifs qui refusent toute dissociation entre « bon » et « méchant » GJ. Les autres, à leur manière, accompagnent les catégories policières et facilitent le trou pour tous ceux qui passent devant la justice.

Si votre collectif n’est pas cité, envoyez nous un mail pour qu’on mette la carte à jour !

 

La Defense Collective de Toulouse c’est quoi ?

Dans le mouvement qui agite Toulouse, la répression policière et judiciaire est massive et machinale. Semaine après semaine, le nombre de blessé·es et de peines lourdes ne cesse d’augmenter. Pourtant, semaine après semaine, nous revenons, toujours en nombre, toujours déterminé·es.
La Défense Collective (DC) de Toulouse se veut une arme contre la répression.
Elle se déploie sur tous les terrains où frappe celle-ci, via une série de pratiques.

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« Face à la police, face à la justice », un guide pour se défendre

Le collectif CADECOL permet de télécharger un guide d’autodéfense juridique qui vise à se préparer collectivement à la répression. Vous y trouverez recensés, de façon exhaustive, les différents parcours que la police et la justice nous contraignent d’emprunter une fois qu’on est tombé dans leur gueule. Partagez au maximum !

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Facebook est une poucave

Notre utilisation des réseaux sociaux est à la fois une force et une faiblesse. Facebook nous permet de nous retrouver, de discuter, de se proposer des choses et surtout de diffuser nous-mêmes de l’information. Pourtant cet outil a bon nombre de limites que nous pouvons déjà observer et que les grandes révoltes des dernières années dans d’autres pays ont subi de plein fouet.

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Face à la police, face à la justice : mur jaune !

En quelques semaines seulement, les pratiques d’autodéfense contre la police se sont répandues comme une traînée de poudre. Si ce n’était pas une évidence pour tous à l’origine, cela s’est imposé comme tel au fil des semaines pour une bonne partie du mouvement GJ : il s’agit de se protéger de la police. Elle entrave nos manifestations, débloque nos blocages, frappe, gaze, mutile. Aujourd’hui des techniques défensives et offensives pour tenir la rue ou les blocages malgré la présence des keufs se sont diffusées et généralisées. On vient avec des masques à gaz, des lunettes, on est prêts à renvoyer les lacrymos (tout en évitant les mutilations sur d’autres types de grenades), on monte des barricades … Bref, on ne se laisse pas faire, on lutte ! Les pratiques d’autodéfense à ce stade sont relativement collectives et solidaires et chacun apprend de jour en jour.

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